Plantes aromatiques et médicinales

Le Maroc, 12ème exportateur mondial des plantes médicinales
La production annuelle des PAM au Maroc avoisine les 33.000 tonnes, pour des recettes à l'export estimées à 550 millions DH.

La production annuelle des PAM au Maroc avoisine les 33.000 tonnes, pour des recettes à l’export estimées à 550 millions DH.

Il ne suffit pas d’avoir les ressources nécessaires pour tenir son rang de leader africain du secteur des plantes aromatiques et médicinales. Il faut aussi se donner les moyens de l’exploiter pleinement dans le respect environnemental que cela induit. Le royaume chérifien l’a bien compris et a pour cela passé une convention avec l’ONU en 2012 afin de valoriser la filière (voir nos articles précédents de juin 2012 et janvier 2013). Du coup, juste en structurant sa filière plantes aromatiques et médicinales, première étape du programme, le Maroc s’est hissé en quelques mois au 12ème rang mondial des exportateurs de plantes médicinales.

Le secteur compte désormais près de 40 exportateurs grâce notamment aux 800 espèces reconnues pour leur usage médicinal ou aromatique et à leur potentiel de développement, notamment pour l’exportation. Romarin, armoise, cèdre de l’Atlas, myrte, thym doux, laurier-sauce, origan, camomille sauvage ou encorementhe, la liste est longue de ces plantes couramment utilisées dans le pays.

La production annuelle des plantes aromatiques et médicinales au Maroc avoisine les 33 000 tonnes, ce qui le place encore loin des leaders mondiaux que sont l’Inde, laChine ou encore la France.

Au niveau international, la filière des plantes aromatiques et médicinales a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 45 millions d’euros en 2012 grâce à l’augmentation de la demande sur les produits à base de plantes, de composantes cosmétiques outhérapeutiques et de compléments alimentaires.

Des investissements et une certification international

Selon Abdessalam El Khanchoufi, directeur de l’Institut national des plantes médicinales et aromatiques (INPMA) de Taounate, la filière des plantes aromatiques et médicinales joue un rôle important dans l’amélioration des conditions de vie des populations rurales, en générant en moyenne 500 000 journées de travail/an.

Suite au programme mis en œuvre ces dernières années, le nombre d’exportateurs ne cesse de croître, mais reste encore relativement faible compte tenu du potentiel du marché.

Comme le secteur continue de se développer, les organismes gouvernementaux responsables de la protection des forêts et parcours nationaux sont confrontés à un défi de taille, à savoir comment conserver la biodiversité, les ressources naturelles du Maroc tout en créant un environnement dans lequel les populations rurales peuvent participer aux activités  de la cueillette spontanée en milieu naturel afin d’améliorer leurs moyens de subsistance, tout en augmentant la valeur ajoutée de l’exploitation des plantes aromatiques et médicinales à l’échelle nationale.

Une démarche qui sera basée sur l’introduction de la certification internationale FairWild (voir ci-dessous) qui garantit l’accès  à des marchés à forte valeur ajoutée, la conservation de la biodiversité et la durabilité de la production tout en assurant le retour d’une partie des bénéfices vers les populations locales, c’est-à-dire un commerce équitable.

Pour valoriser cette ressource naturelle prometteuse et contribuer à son intégration dans le tissu économique national, l’INPMA de Taounate a été créé avec le statut d’établissement universitaire, pour jouer un rôle précurseur dans la valorisation de cette filière pour réussir son intégration à l’économie et augmenter sa contribution à la richesse nationale.  Il assure l’accompagnement des agriculteurs et des coopératives pour la promotion, la conservation, la valorisation, l’utilisation et l’intégration des produits naturels à travers la création de pépinières et de zones pilotes expérimentales, dans le cadre de PME/PMI et d’exploitations moyennes.

Son rôle devra prendre une nouvelle dimension après sa transformation en Agence nationale pour la valorisation des plantes aromatiques et médicinales. Grâce à ses sept laboratoires et à son jardin d’essai de 6,5 hectares où les plantes sauvages sont domestiquées pour devenir conformes aux standards internationaux, l’institut a pu déposer de très nombreux brevets.

Le projet est mis en œuvre par le Haut-commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la Désertification (HCEFLCD), les programmes des Nations unies pour le développement (PNUD) étant chargés de l’assurance qualité et du suivi évaluation.

Source : quotidiens marocains

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